NOTRE-DAME DE PARIS

NOTRE-DAME DE PARIS, de Victor Hugo

Nouvelle adaptation de Paul Stebbings

Mise en scène de Gaspard Legendre
Musique de John Kenny
Chorégraphies d’Eric Tessier-Lavigne

Avec Caroline Aïn, Aurélien Mallard, Thierry Jennaud ou Laurent Paolini, Aude Lepape ou Morwenna Spagnol, Cyrille Thouvenin ou Gaspard Legendre

La pièce s’ouvre sur une façade. Façade de Notre-Dame et superficialité de la société : téléphones et canne à selfie envahissent l’espace historique représenté par une gravure, sans se préoccuper de la profondeur ni de l’histoire du lieu.

Comme dans un rêve le public est ensuite plongé en 1482 : invités par les gargouilles, les spectateurs entrent de manière presque voyeuriste dans cette maison de poupée : la cathédrale s’ouvre sous leurs yeux et leur offre les parcours de vie des personnages.

L’écriture de Victor Hugo dépeint un univers complexe et puissant que nous avons cherché à recréer sans perdre de vue les destins individuels. La relation père-fils Frollo/Quasimodo, le désir de Phoebus ou l’étau qui se resserre sur la gitane Esmeralda. Plusieurs sociétés se mêlent, s’opposent, se répondent : Fleur de Lys, qui évolue dans un monde déconnecté et qui tourne telle une danseuse en porcelaine dans une boîte ; la cour qui témoigne d’une mécanique huilée et d’une justice approximative ; l’Eglise, et son représentant Frollo tiraillé entre le ciel et la terre, ou encore le monde des gitans, des mendiants, qui s’extraient physiquement de scène à la recherche d’une communication directe avec le spectateur… Les gargouilles sont là, telles une trinité enchantée et évoluent dans l’espace pour nous conter l’histoire. Elles définissent l’action et le lieu pour permettre au spectateur d’en tirer chaque fil.

La cathédrale Notre-Dame est au centre de la pièce et semble avoir une vie propre. Elle représente le rouage fatal dans lequel chaque personnage est entraîné malgré lui au sein de cette société naissante et titubante. Les tours pivotent et se déconstruisent, représentant l’avancée de l’intrigue et le monde qui rétrécit autour des personnages. La mise en scène physique privilégie l’action et met au centre la dramaturgie de l’Auteur.

L’écriture de Victor Hugo est intemporelle et c’est là toute la force de cette pièce aujourd’hui : on se moque de savoir de quel pays est originaire Esmeralda ou à quelle église appartient Claude Frollo. C’est un drame romantique, visuel, vertigineux, viscéral et intemporel que nous partageons aujourd’hui.