Le malade imaginaire

de Molière

Mise en scène de Gaspard Legendre

Avec (en alternance) Caroline Aïn, Jean-Yves Brignon, Lucas Borzykowski, Christophe Delesques, Lupo Franceschi, Matilde Gaido, Cyril Guillou, Gaspard Legendre, Raphaël Magnabosco, Aurélien Mallard, Ronan Quiniou, Morwenna Spagnol, Manon Rony, Camille Vallin, Chloé Wipraechtiger
Musique  : John Kenny
Chorégraphies : Eric Tessier-Lavigne

Une coproduction LE THEATRE DU HERON / ADG EUROPE

Durée : 95 min

A propos

« On ne peut pas les arreter ici » (Argan, acte I scène 1), ou l’anti-héros pris au piège dans un cube, qui tourne plus vite que lui…

Quelle nouvelle lecture apporter au Malade Imaginaire aujourd’hui, plus de quatre siècles après son écriture ?

Si l’on continue de jouer Molière, c’est que son texte traverse les époques et touche encore de nos jours. C’est entre hommages et modernité que ce spectacle trouve sa dynamique multifacette, mettant au centre de la scène le drame familial pour faire de ce texte une comédie grinçante et résolument humaine.

Au début du spectacle, Toinette est seule, jouant de l’accordéon. Cette servante qui renverse les valeurs de la Société, sorte d’Arlequin intemporel, réussit d’une nouvelle pirouette à nous faire remonter le temps pour vivre la représentation. C’est donc par une danse baroque que nous entrons dans le spectacle, hommage à une forme théâtrale contemporaine de l’Auteur. Mais bien vite et malgré la tournure prévue, la comédie noire prend sa place en invitant des médecins issus de la tradition de la commedia dell’arte à danser sur une musique jazz. Cette ouverture résume d’une certaine manière le spectacle, fondant l’ancien au contemporain, mettant en exergue l’universalité du texte. Et si l’un des médecins ne rentre pas à nouveau dans la boîte, c’est une question qu’il pose sur la société actuelle : quelle est la place de la science aujourd’hui et qu’en faisons-nous ?

La comédie-drame est mêlée de chants et de danses, mais la mise en scène, bien que très corporelle, replace au centre le texte et sa philosophie.

Dans cette adaptation, plus les médecins ont un statut important dans la Société et plus leur nez s’allonge, pour les dénoncer de manière moqueuse, dans le plus grand respect d’une certaine tradition moliéresque. Le plus imposant, Monsieur Purgon, est un médecin de peste, à la voix assourdissante, dans une scène cauchemardesque. Ce sont les médecins qui font avancer le spectacle, tournant le cube comme les pages d’un livre dont on veut raconter la suite.

Le fauteuil d’Argan, hommage au fauteuil dans lequel mourut Molière – aujourd’hui conservé à la Comédie-Française de Paris – est tour à tour support ou objet d’Argan, mais centre et témoin de son hypocondrie. C’est aussi son seul lieu de repli lorsque la maison tourne trop vite ou qu’il perd tout repère face à sa « coquine de servante » et à « l’impudence de sa fille »… Argan – ou son fauteuil, par métonymie sont les véritables anti-héros de cette pièce. Et c’est sur ce drame que nous avons basé notre travail : les valeurs universelles, les questionnements actuels, sont aussi ceux liés au cadre de la cellule familiale et qui rendent le texte de Molière d’une incroyable modernité. Au-delà de la satire des médecins, un père qui veut imposer un mari à sa fille ou la marier à la religion. Si nous avons fait le choix d’éluder le lien concret au couvent dans le texte, c’est le cauchemar d’Angélique, à la fin de l’acte II qui questionnera de manière visuelle ce rapport à la religion. Angélique est un personnage féministe, lorsqu’elle répond à Thomas Diafoirus et se confronte à lui, c’est en revendiquant un choix, pas si loin de notre siècle.

La comédie-drame est mêlée de chants et de danses, mais la mise en scène, bien que très corporelle, replace au centre le texte et sa philosophie. Car le Malade Imaginaire, au-delà d’une comédie historique est aussi drame humain, satire politique, comédie noire. Et c’est l’intensité et la densité de cette matière, à la résonnance actuelle, que nous vous présentons aujourd’hui.

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